




PLUMES-feuilles-ciseaux/ Feathers-sheets-scissors, 2023
Petite, je laissais mon crayon et mon poste « vue sur jardin » pour courir après le chat qui poursuivait un oiseau. Aujourd’hui, armée de ma colle bâton et d’une pile de magazines, je suis fin prête à me replonger dans ce souvenir d’enfance, tel le jeu qui rythme encore les cours d’écoles… Plumes-Feuilles-Ciseaux!
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When I was little, I left my pencil and my “garden view” station to run after the cat who was chasing a bird. Today, armed with my glue stick and a stack of magazines, I am ready to immerse myself in this childhood memory, like the game that still punctuates school lessons… Feathers-Leaves-Scissors !
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DÉCLARATIONS DE MIGNONNERIES / Cuteness statements,2023
À tous moments, par tous les temps, des couleurs, des mots gratifiants peuvent venir tapisser les coeurs…
Ces déclarations colorées viennent glorifier les rencontres présentes ou passées, qui par leur simple pensée redonne un élan de joie.
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At all times, in all weathers, colors and gratifying words can come to cover hearts… These colorful declarations glorify present or past encounters, which by their simple thought restore a surge of joy.
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Musse-Persona,(work in progress) 2021-2024
Le vêtement est une sorte de parade sur ce que l’on souhaite montrer de soi, une sorte de masque que l’on endosse au regard de l’autre. Mais qu’a-t-on envie de révéler au juste?
Se musser, se cacher derrière un rôle que l’on choisi : Musse-Persona, un rôle cachette en somme. Cette série de portrait mêlant peinture et fil est une dualité entre le regardant et le regardé, une histoire de confiance entre le plasticien et le modèle.
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Clothing is a sort of parade of what we wish to show of ourselves, a sort of mask that we put on in the eyes of others. But what exactly do we want to reveal? To muss, to hide behind a role that we choose: Musse-Persona, a hiding role in short. This series of portraits mixing paint and thread is a duality between the viewer and the viewed, a story of trust between the visual artist and the model.
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TENDUE / TENSE, 2022
À quoi vais-je ressembler ainsi? Se tendre la peau jusqu’à la grimace pour effacer les signes temps qui passe. C’est par ce jeu de mouvement du visage que Tendue a vu le jour.
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What will I look like like this?
Stretching the skin until the grimace to erase the signs of passing time. It is through this game of face movement that Tendue was born.
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MASCARON / MASKED, 2020-2021
« Mais quelle mascarade! » peut-on entendre en ces temps troublés. Ces masques derrière lesquels se dissimulent des êtres pour mieux se cacher, voir chasser le mauvais oeil à l’image des mascarons présents sur une façade en guide de protection. Ici, ils seront disproportionnés, hauts en couleurs et empreints de motifs dans lesquels ont peut se perdre. Parfois ridicules, voir grotesques, comme la danse dans laquelle nous mouvons en tourbillonnant en choeur.
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“But what a charade!” can we hear in these troubled times. These masks behind which beings hide to better hide, even to chase away the evil eye, like the masks present on a facade as a protective guide. Here, they will be disproportionate, colorful and full of patterns in which you can get lost. Sometimes ridiculous, even grotesque, like the dance in which we move while whirling in chorus.
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Giroflée / WALLFLOWER, 2020
Cette fleur printanière, la giroflée, est aussi le synonyme de la mise en quarantaine… et de la trace de la main après une gifle. Représentatif de ce qu’il se trame en ce printemps 2020, je me suis interrogée sur l’occupation de mes proches.
Le contact, le toucher sont maintenant proscrits. Mais une fois isolés, que faisons nous?
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This spring flower, wallflower, is also synonymous of quarantine… and the trace of the hand after a slap. Representative of what is happening in 2020‘s spring, I wondered about the occupation of my folks.
Contact, touch are now prohibited. But once isolated, what are we doing?
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il était une peur / ONCE UPON A FEAR , 2019
Il y a fort longtemps, mais pas tant…le parquet a grincé. D’un bond, je me suis cachée sous la couette. Les paupières lourdes, le coeur palpitant, restant aux aguets.
Prenant mon courage à deux mains afin d’observer les alentours, j’ai sorti un oeil de ma grotte de plume. Rien. Rien n’a bougé… pourtant dans le noir, un nouveau monde a pris forme. Ces terreurs nocturnes qui ont habité nos esprits d’enfants, refont surface dans nos coeurs d’adultes. « T’avais peur de quoi toi? » C’est en interrogeant les membres du Collectif Format Libre sur leurs propres peurs que j’ai créé ces masques qui ont fait l’objet de support pour une médiation singulière lors de l’exposition « Même pas peur » au centre d’art contemporain Ateliers des Arques.
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Once upon a time, but not too long ago… I heard a loud squeak on the floor. Terrified by this sound I jumped under my duvet. Having heavy eyelids from fear and my heart pounding, I was on guard. Forced to be brace, so I could see what was happening, I glanced out of my warm feather shelter. Nothing. Nothing had moved… however a new world was coming to life in the darkness. All this night terrors, living inside our childminds, can easely crop up in our adult hearts.
«What used to be your biggest fear?». Interviewing the members of the art collective Collectif Format Libre, on their own childhood fears, I created these masks. Their key role was to be a mediation interface during the art exhibition «Même pas peur» (as «Not even scared») at the Ateliers des Arques contemporary art center.
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césure / CAESURA, 2018
Quatre-vingt-huit dessins, comme le nombre de touches du piano sur lequel se joue la mélodie du temps qui file. À l’image du métronome battant la mesure, le feutre rencontre la feuille de mon carnet de manière quasi hypnotique afin de combler un temps mort.
Césure dans une journée bien remplie, marquant la cadence de ce temps de latence.
Tel un prisonnier qui attend la fin de sa peine, j’attend l’échéance de cette parenthèse de vide jusqu’à ce que le mouvement re- prenne.
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Eighty-eight drawings, like the number of piano keys on which the melody of passing time is played. Just like the ticking of a metronome, in a hypnotic haze, as if time was suspended, my felt-tip pen goes through the pages of my notebook. Felt like a time-out in itself, in periods of lower activity, drawing can bridge the gap between calm times and the rest of my busy day. As if I was a prisoner waiting for release, I’m longing for moments of higher activity.
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PAS / Step, 2017-2022
Que donne la rencontre entre le pied et la chaussette, mis à part un pied habillé?
Avec la récolte des chaussettes de mes compagnons de route, j’ai souhaité figurer le temps partagé.
C’est en brodant minutieusement les contours des usures jusqu’à en créer une topographie pédestre, que je dessine la singularité de chaque démarche.
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What gives the meeting between a foot and a socks, apart a dressed foot? With a socks harvest of my fellow travelers, i wished appear the time share.
It’s by minutely embroidering around the wear shape until it create a pedestrian topography, that i draw the singularity of each walk.
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Aizomé / AIZOMe, 2017
De sa matière à sa forme finale, Aizome est imprégné par Fujiyoshida.
Manufacturés dans la ville, prenant l’apparence de kakejikus, les textiles prennent la couleur de l’indigo. C’est par la variation de cette teinture que j’ai choisi de figurer les irrégularités formées par la rouille présente sur les maisons. Cette impression de «bulle d’un ailleurs» est rehaussée par la technique lente et intemporelle de la broderie, à travers laquelle j’ai interprété des motifs traditionnels japonais.
Aizome retrace donc la perception d’un environnement à travers la tradition textile d’un lieu.
Ce temps en suspens, rythmé par les bruits du quotidien est relevé par la captation sonore de Yuta Sugihara.
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By its material to its final form, Aizome is imbued by Fujiyoshida.
Manufactured in the city, taking kakajiku’s appearance, the fabrics took the indigo color. It’s with the dye variation that I choose to figured the irregularities formed by rust present on the house . The embroidery, timeless and slow, though which i had translate some traditional Japanese pattern enhance This feeling of an «elsewhere bubble».
It’s through the traditional textile of a place that Aizome relate the perception of an environment. This suspended time, punctuated by the daily noise is picked up by the sound recording of Yuta Sugihara.
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MAISON KAMINARI / KAMINARI HOUSE , 2017
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RENDEZ-VOUS NOCTURNES / Noctural appointment , 2016
Ces visages ensommeillés n’ont pas été choisis par hasard : ils possèdent le point commun de s’être assoupis à mes côtés.
Leurs figures s’inscrivant à travers le textile de sorte à ce que ce temps partagé se fige tel un arrêt sur image.
Cet instant précis reflète la « confidence d’oreiller », ou encore les histoires racontées avant de sombrer dans un profond sommeil, tinté d’une complicité grâce à laquelle nous pouvons dormir sur nos « deux oreilles ».
Les taies d’oreiller sont à la verticale, disposés à la manière d’une galerie de portraits cousus, seule ma présence étant effacée pour laisser place libre à de nouveaux partenaires.
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These sleepy faces aren’t choose by hazard : they all have the common point of having dozed beside me. The figures register at the fabrics with thread to fix the shared moment, like a stop motion. Such a « pillow confidence », or the story you tell before a deep sleep, tinted from a huge complicity you should have to get sleeping on your « two ears ». The pillows are vertically disposed like a sewing portrait gallery : just my own presence is erased, leaving a free place for a new partner.
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LES ÉPHÉMÈRES / the ephemeral, 2016
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Picoterie / DOTTERY, 2016
Picoterie est le fruit du temps d’attente retenant un élan d’activité. Ce moment d’impatience où nous cherchons une distraction pour ne pas sombrer dans l’ennuie, de combler l’impression «de ne rien faire».
C’est un picot de suspens dans une journée bien remplie.
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Picoterie is the result of this waiting time retaining a momentum of activity. This moment of impatience where we seek a distraction not to sink in the boredom, to void the feeling of «nothing to do».
It’s a picot of suspense during a busy day .
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pointillés / DOTTED, 2015
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Neuf Heures Dix-Sept / SEVENTEEN PAST NINE O’CLOCK, 2014
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respirer / BREATHE, 2014
Avec cette installation, j’ai souhaité questionner la confusion qui est amenée par ce jeu d’apparence et d’appartenance à un vocabulaire visuel qui est devenu un automatisme. Les faux-semblants apparaissent à force de vouloir regarder trop vite.
Ici, on peut se frotter aux entrailles du sous- terrain, en se glissant entre ses bronches. Et elles respirent… grâce au souffle du vent.
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With this installation, I sought to question the confusion brought about by the interplay of appearances and the belonging to a visual vocabulary that has become engrained automatism. False impressions appear from the sustained desire to see too quickly.
Here, one can brush against the underground’s entrails by sliding in between bronchial tubes that breathe as the wind blows.
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profils de fils / TREAD PROFILES, 2011
Au premier regard, une carte topographique étrange, lacunaire, en négatif, qui ne suit aucune logique géographique.
Et pour cause.
Ce que les sillons creusent ici sont des cheminements troubles qui nous signifient une longue errance.
De plus près, on voit se dessiner des visages, des présences fragmentaires, amalgamées… A l’image de ces rencontres fortuites que l’on fait quotidiennement, lorsque les visages, les regards, les attitudes se tissent entre eux en une vision synthétique et finissent par se transformer en portraits-puzzles…
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At first glance, a negative print of a strange and incomplete topographic map that follows no geographical logic.
And rightly so, as the lines seem to draw the confused path of a long, wandering journey. In closer view, faces appear to be drawn, like amalgamated fragmentary presences, like those daily chance encounters when faces, gazes. attitudes weave themselves into a synthetic vision, ending up transformed into portrait-puzzles.



portraits percés / PIERCED PORTRAITS, 2012
Ici aussi, c’est une histoire de rencontre : au départ, des plaques de métal brûlées, rouillées, sur lesquelles se dessinent des pointillés, comme s’ils demandaient à être reliés.
Par la lumière, une constellation se forme et des visages s’entremêlent, se projettent les uns au dessus des autres, jusqu’à s’étioler.
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Another story of encounters.
Plates of metal, burned, rusted, dotted, as if demanding to be connected.
As light is shone, a constellation forms and faces intertwine, projecting themselves upon each other as they wither away.
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suture / STICH, 2012-2014
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pour traits / WITTISISM , 2011
« Face – Profil droit – profil gauche », tel est le canon de Bertillon pour ses anthropométries judiciaires. En empruntant ce canon comme base de cette série photographique et en y superposant les codes graphiques des cartes typographiques, j’obtiens des portraits brouillés.
Les différents personnages se prêtent leurs traits et par ces lignes qui se superposent, se confrontent jusqu’à se confondre. À vouloir trop définir, on brouille les pistes.
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«Front profile – Right profile – Left profile», such is the canon of Bertillon’s judiciary anthropometry and the basis for this photographic series. By overlaying it with the graphical code of topographic maps, I obtain scrambled portraits.
With these juxtaposed lines, characters lend each other their physical traits, confronting themselves to the point of confusion. By trying to define too much, paths are blurred.
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faces / faces, 2010


bois de face / FACE WOOD, 2014-2016
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terre foulée / TRODDEN EARTH, 2009
Terre foulée est le fruit d’une quête identitaire en rapport à la terre. Les silhouettes se forment à partir d’un prélèvement du sol qui a été foulé sous mes pas, avant d’être jeté sur le papier.
Ce travail fait écho à la tradition ancienne qui amenait quelqu’un à apporter avec soi un peu de terre provenant de son lieu d’origine au moment de s’établir dans un nouvel endroit.
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Terre Foulée is the result of a land-related identity quest.
The silhouettes are formed from soil samples trodden under my feet and thrown onto paper.
This work echoes the ancient tradition of bringing along soil from home when moving to a new place.






